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Violences en France : un Français sur deux craint désormais pour sa sécurité

Par Lesinfos -le

Violences en France : un Français sur deux craint désormais pour sa sécurité
Les violences et pillages du week-end ont laissé des traces dans l’opinion. Selon une enquête Elabe publiée mercredi, 49 % des Français disent craindre pour leur sécurité physique ou leurs biens, tandis que 61 % estiment qu’ils devront davantage compter sur leurs propres moyens pour se protéger.

Les violences qui ont accompagné les mobilisations sociales du 17 octobre ont profondément marqué l’opinion française. Selon une enquête Elabe pour BFMTV publiée ce mercredi 21 octobre, près d’un Français sur deux affirme désormais ressentir de la peur pour sa sécurité physique ou celle de ses biens.

 

Dans le détail, 49 % des personnes interrogées disent éprouver cette inquiétude, contre 50 % qui déclarent ne pas avoir peur. Le sentiment est plus prononcé chez les femmes, à 53 %, et dans les grandes agglomérations. Il atteint notamment 55 % dans l’agglomération parisienne, contre 43 % dans les communes rurales.

 

Cette inquiétude intervient après un week-end marqué par des affrontements, des dégradations et des pillages dans plusieurs villes, en marge des manifestations portant notamment sur le pouvoir d’achat et la vie chère.

 

61 % pensent devoir se protéger par leurs propres moyens

 

L’enquête révèle surtout une forte interrogation sur la capacité des autorités à prévenir de nouveaux débordements.

Ainsi, 61 % des répondants considèrent qu’en cas de nouvelles violences, ils devront « se protéger par leurs propres moyens », estimant que les forces de l’ordre ne parviennent plus suffisamment à protéger la population.

 

À l’inverse, 37 % parlent d’une défaillance ponctuelle et pensent pouvoir continuer à compter sur la police et la gendarmerie pour assurer leur sécurité.

Dans le même temps, 74 % des personnes interrogées jugent que les autorités ont été dépassées par les événements en raison d’un manque d’anticipation et d’un dispositif de sécurité insuffisant. Un quart estime au contraire que les forces de l’ordre ont fait au mieux compte tenu de l’ampleur des violences.

 

Une inquiétude très différente selon les électorats

 

Le sentiment de peur varie fortement selon les sensibilités politiques.

Il atteint 61 % parmi les électeurs du Rassemblement national, contre 22 % chez les électeurs du Nouveau Front populaire.

 

Les écarts sont également marqués lorsqu’il est question de protection individuelle. Parmi les électeurs du RN, 79 % considèrent qu’il faudra davantage compter sur ses propres moyens pour assurer sa sécurité. Cette proportion atteint 68 % chez les abstentionnistes et 55 % chez les électeurs de droite.

 

La perception est inverse chez les électeurs d’Ensemble et du NFP. Respectivement 61 % et 56 % estiment qu’il ne sera pas nécessaire de recourir à des moyens personnels de protection et continuent de considérer les forces de l’ordre comme capables d’assurer cette mission.

 

90 % favorables à des sanctions plus sévères

 

Au-delà du sentiment d’insécurité, l’étude fait apparaître un soutien important à un renforcement de la réponse judiciaire et sécuritaire.

Pas moins de 90 % des personnes interrogées se disent favorables à une accélération des procédures judiciaires et à un durcissement des sanctions visant les auteurs de violences et de pillages.

 

Le renforcement des effectifs de policiers et de gendarmes obtient 87 % d’approbation. Le même niveau de soutien est enregistré pour une surveillance accrue des réseaux sociaux et le retrait des contenus appelant à la violence.

 

Les couvre-feux localisés, notamment pour les mineurs dans les secteurs exposés à de nouveaux troubles, recueillent 77 % d’opinions favorables.

Plus controversée, la mobilisation temporaire de l’armée pour certaines missions de sécurité est tout de même soutenue par 75 % des répondants. L’interdiction provisoire de certains rassemblements obtient 74 %, tandis que 71 % se déclarent favorables à l’instauration de l’état d’urgence dans les zones les plus touchées.

 

Des mesures plus contestées à gauche

 

Si plusieurs de ces propositions recueillent une majorité dans l’ensemble de l’échantillon, les écarts politiques restent importants.

Les électeurs du NFP se montrent notamment plus réservés sur les mesures les plus restrictives. Ils sont 53 % à soutenir les couvre-feux localisés, 47 % l’interdiction temporaire de certains rassemblements et 43 % la mobilisation de l’armée ou l’état d’urgence.

 

L’enquête montre toutefois que la condamnation des violences dépasse largement les clivages partisans : 91 % des Français interrogés déclarent les condamner.

Sept Français sur dix font également une distinction entre les manifestants et les personnes venues spécifiquement pour commettre des violences ou des pillages. Un résultat qui rappelle que, dans l’opinion, les débordements du week-end ne se confondent pas nécessairement avec les revendications sociales qui avaient motivé la mobilisation.

 

Réalisée en ligne les 20 et 21 octobre auprès de 1.001 adultes résidant en France métropolitaine, l’étude dessine ainsi une opinion à la fois inquiète et demandeuse d’une réponse plus ferme. Les violences du week-end ont replacé la sécurité au premier plan du débat français, sans pour autant effacer les revendications sur le pouvoir d’achat qui avaient initialement conduit les manifestants dans la rue.


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